Principe 1 : Impliquer les parties prenantes
Informer sur ce qui est mesuré et comment cela est mesuré, et valorisé dans un compte-rendu de la valeur sociale en impliquant les parties prenantes.
Les Pratiques essentielles intègrent explicitement l’implication des parties prenantes non seulement comme une étape distincte, mais aussi comme un thème récurrent dans chacune de ses pratiques essentielles. Vous trouverez ci-dessous quelques mentions spécifiques.
- Pratique 1.0 – Décrivez votre intention de changement : Inclut la suggestion de meilleure pratique suivante : « Pour vous concentrer sur les changements les plus importants, faites-les participer à l’élaboration du changement que vous envisagez. »
- Pratique 3.5 – Agir de manière éthique: La collecte de données doit se faire de manière respectueuse, ce qui implique un devoir de diligence à l’égard des parties prenantes.
- Pratique 5.2 Choisir les méthodes de reddition des comptes: Il faut adapter la communication aux besoins des différents groupes concernés par le travail.
Principe 2 : Comprendre ce qui change
Expliquer comment le changement est créé et l’évaluer à l’aide des preuves recueillies, en reconnaissant les changements positifs et négatifs ainsi que ceux qui sont voulus et ceux qui ne le sont pas.
Les pratiques essentielles des Pratiques essentielles suivantes s’alignent sur ce principe :
- Pratique 1.1 : Décrivez le changement que vous souhaitez obtenir.
- Pratique 1.4 : Décrire le processus de changement. Cela correspond directement à la création d’une théorie du changement ou d’un modèle logique.
- Pratique 4.4 : Examiner les différences et tirer des conclusions. Cette pratique demande aux praticiens de décrire les changements survenus, comment et pourquoi, en suggérant spécifiquement de prendre en compte les résultats négatifs et positifs.
Principe 3 : Accorder de l’importance aux choses qui comptent
La prise de décision concernant l’allocation des ressources entre différentes options doit tenir compte des valeurs des parties prenantes. La valeur fait référence à l’importance relative des différents résultats. Elle s’appuie sur les préférences des parties prenantes.
Bien que les Pratiques essentielles n’imposent pas d’indicateurs financiers (comme dans le SROI), elles s’alignent fortement sur l’intention de valoriser ce qui compte pour les parties prenantes. L’Approche commune permet aux communautés de définir la valeur dans leurs propres termes (par exemple, la valeur spirituelle, culturelle ou communautaire) sans monétisation.
- La pratique 1.1 définit le « changement que vous souhaitez obtenir » comme « le changement qui compte le plus pour les personnes et/ou les environnements naturels les plus touchés ».
- La pratique 2.0 stipule : « Assurez-vous de savoir comment les personnes les plus concernées définissent et comprennent le succès… et la priorité relative des indicateurs dans leur optique ». Cela demande explicitement aux praticiens de pondérer les indicateurs (qui encodent la valeur) en fonction des préférences des parties prenantes.
Principe 4 : N’inclure que ce qui est important
Déterminer quelles informations et preuves doivent être incluses dans les comptes pour donner une image fidèle, de sorte que les parties prenantes puissent tirer des conclusions raisonnables sur l’impact.
L’Approche commune reconnaît que la « matérialité » est souvent définie par les organismes bailleurs de fonds externes. Ses normes sont donc conçues pour recentrer la matérialité sur ce qui est utile aux organisations à vocation sociale et à leurs communautés. Les Pratiques essentielles permettent d’éviter d’imposer des contraintes fastidieuses et encouragent la collecte de suffisamment de données pour agir et/ou apprendre. Cela permet d’éviter l’extraction de données qui ne servent pas la communauté.
Les pratiques essentielles suivantes reflètent spécifiquement ce principe :
- La pratique 3.1 stipule : « Décidez des données spécifiques qui vous seront les plus utiles. Elle reconnaît explicitement qu’il n’est généralement pas possible d’évaluer tous les facteurs ».
- La pratique 1.2 stipule : « Se concentre sur l’identification des résultats les plus importants pour le changement ».
- La pratique 5.4 conseille de « produire un compte aussi équilibré que possible ». Pour ce faire, il faut inclure les résultats négatifs afin de s’assurer que l’image est juste – un élément essentiel de la matérialité.
Principe 5 : Ne pas surévaluer les demandes de remboursement
Ne revendiquez que la valeur que les activités sont responsables de créer.
Les Pratiques essentielles insistent sur le fait que la mesure de l’impact sert à l’apprentissage et à l’amélioration, et pas seulement aux relations publiques. Les Pratiques essentielles encouragent à ne pas accorder une attention disproportionnée aux seuls résultats positifs. Ce changement culturel encourage les organisations à être honnêtes quant à leur contribution plutôt que de la gonfler pour obtenir un financement.
La pratique 4.5 des Pratiques essentielles énonce cela de manière succincte, en conseillant . « Basez les conclusions relatives à l’impact sur des hypothèses raisonnables ». Elle demande aux praticiens de se demander si les changements se seraient produits sans leur travail et de prendre en compte des facteurs extérieurs à leur travail. Il s’agit d’une version simplifiée et plus accessible des notions de « poids mort » et d' »attribution ».
Principe 6 : être transparent
Démontrez la base sur laquelle l’analyse peut être considérée comme précise et honnête, et montrez qu’elle sera redditionnée et discutée avec les parties prenantes.
Les Pratiques essentielles mettent l’accent sur la responsabilité envers toutes les parties prenantes grâce à une communication transparente et fiable. Les Pratiques essentielles se veulent transparentes, open-source, gérées par la communauté et non propriétaires. Les Pratiques essentielles encouragent la même transparence de la part de ceux qui les adoptent. Ceci est spécifiquement énoncé dans la pratique essentielle 5.3 des Fondations communes : Rendre compte régulièrement des performances et de l’impact, qui demande explicitement un compte rendu transparent.
Principe 7 : Vérifier le résultat
Veiller à ce que l’assurance indépendante soit appropriée.
Il s’agit d’un domaine crucial dans lequel les Pratiques essentielles complètent l’IVD. Au lieu de s’appuyer uniquement sur des vérificateurs tiers experts, les Pratiques essentielles encouragent la validation des données par le biais d’une vérification participative. Les normes de l’Approche commune s’alignent sur la souveraineté des données indigènes, qui reconnaît que la vérification doit respecter les principes de gouvernance des données de la communauté (par exemple, les principes OCAP®). Dans ce contexte, la véritable vérification n’est pas un sceau d’approbation externe, mais plutôt l’accord de la communauté sur l’exactitude et le respect de l’histoire qui est racontée à son sujet.
En tant que norme minimale, les Pratiques essentielles n’imposent pas d’audit externe. Toutefois, elle s’aligne sur l’esprit de la vérification par la confirmation des parties prenantes. La pratique 4.0 demande aux praticiens et aux organisations de permettre aux personnes les plus touchées de vérifier si leurs résultats sont conformes à ceux qu’ils s’étaient fixés. De même, la pratique 5.0 suggère d’obtenir un retour d’information de la part des personnes les plus touchées, afin de savoir dans quelle mesure les conclusions correspondent à leur expérience.
Principe 8 : Soyez réactif
Rechercher une valeur sociale optimale sur la base d’une prise de décision opportune et étayée par une comptabilité et des comptes rendus appropriés.
Les normes de l’Approche commune ont été créées parce que nous avons entendu dire que les OPS estimaient que les normes existantes étaient des outils de reddition de comptes pour les donateurs, et non des outils de gestion pour eux-mêmes. Les normes de l’Approche commune visent à transférer le pouvoir aux organismes de bienfaisance en activité. Dans les normes de l’Approche commune, être réactif signifie que les données d’impact permettent à l’organisation de mieux servir sa communauté, plutôt que de se contenter de répondre aux exigences de reddition des comptes des donateurs.
Les pratiques essentielles des Pratiques essentielles mettent l’accent sur la réactivité :
- La pratique 5.1 stipule : « Utilisez vos données d’impact ou révisez-les ». Cette pratique définit la réactivité comme la garantie que les organisations utilisent les données collectées pour informer, améliorer, prendre des décisions, apprendre et/ou agir.
- La pratique 4.2 stipule que « les données ne sont pas utiles si elles ne sont pas examinées et si l’on n’en tire pas des enseignements ».
- La pratique 3.0 est intitulée « Collecter des informations utiles ». Toute la section est consacrée à la collecte d’informations qui permettent à l’organisation de réagir et de s’améliorer.